Parole d’acteur : Boulbaba Dkhil, directeur de l’école primaire de Ghannouch-ouest

D’où est venue l’idée d’installer une bibliothèque environnementale dans votre école ?

Les enfants sont pour beaucoup issus de familles d’agriculteurs. Cultiver sa parcelle dans l’oasis est une tradition à Ghannouch. Même lorsqu’ils ont un travail en ville, les gens continuent de s’occuper de leurs vergers : oliviers, figuiers et grenadiers principalement. Donc, ces enfants sont au quotidien au contact de la « forêt », comme nous appelons l’oasis dans le sud.

Il nous a paru naturel d’essayer de nous doter d’un outil pédagogique pour renforcer l’éducation environnementale dans le cadre scolaire. Cela fait 30 ans que je suis dans l’éducation nationale, et j’ai toujours considéré qu’il était important de sensibiliser les jeunes à la préservation de l’environnement.

Comment se passe la collaboration entre une structure publique et une association locale ?

Nous avons avec l’association SAED une relation déjà ancienne et fructueuse. Son président Mohamed Ghoudi et ses bénévoles nous ont déjà aidés à rénover l’enceinte extérieure de l’école, qui est aujourd’hui ornée d’une très jolie fresque colorée. L’association anime par ailleurs deux clubs environnementaux à Ghannouch, dont l’un est justement à l’école de Ghannouch-ouest. Le projet de création de cette bibliothèque environnementale s’inscrit donc dans la continuité de cette relation.

Pour une école primaire tunisienne loin de la capitale, les contributions des associations sont une bénédiction. Sans leur apport, le cadre serait beaucoup moins confortable pour nos 700 écoliers. Elles nous ont par exemple permis de créer un petit espace vert et de rénover les sanitaires.

À quoi sert au quotidien cette bibliothèque ?

Lorsque les cours dispensés ont un lien avec l’environnement, par exemple en sciences naturelles, les enseignants délocalisent la classe dans ce nouvel espace plus ludique, que les écoliers apprécient beaucoup. Ils y mènent leurs expériences, comme l’initiation au développement des végétaux. La bibliothèque se remplit alors de petits bacs où ont été semées des fèves.

Avant son aménagement, le bâtiment servait tout au plus de débarras. Aujourd’hui, il y accueille non seulement des cours, mais aussi le club environnemental de l’école. Nous y organisons aussi certaines activités culturelles ouvertes aux élèves d’autres écoles de la ville et même certaines de nos réunions d’enseignants.

Les instituteurs ont d’ailleurs été sensibilisés à la question de la qualité de l’air par des techniciens de l’ANPE au moment de l’installation d’une station de mesure dans l’enceinte de l’école.

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