Parole d’acteur : Boulbaba Alaya, maire de Ghannouch

Plus qu’ailleurs, l’environnement est une préoccupation à Ghannouch. Cette thématique a-t-elle été importante dans l’élection municipale de 2018 ?

C’est plus largement la question du développement qui a été centrale dans tout le processus électoral. L’environnement est évidemment un des aspects les plus importants du développement. Or, on peut dire aujourd’hui que Ghannouch est une commune victime de la pollution. Celle-ci empêche le maintien et le développement de secteurs économiques importants comme le tourisme, l’agriculture et la pêche.

Aujourd’hui, nous avons des investissements dans les infrastructures, mais contrairement à ce qui se passe ailleurs, ces infrastructures n’ont pas d’effet d’entraînement sur le développement local, en raison de la persistance de la pollution.

C’est pourquoi j’ai été par exemple l’un des rares candidats à demander un gel des installations de nouvelles usines par l’Agence foncière industrielle (AFI), qui gère les terrains qui ont vocation à accueillir de nouvelles entreprises. À l’inverse, je milite pour le développement de l’agriculture, de l’agrotourisme, de la pêche et de l’artisanat. Mais, pour que ce soit possible, il faut évidemment réduire les niveaux de pollution.

Est-il possible de concilier l’amélioration de l’environnement et le développement économique, en particulier pour créer des emplois ?

Il est certain que les emplois à créer ne le seront pas dans des usines polluantes. L’industrie crée des emplois, mais pénalise d’autres secteurs de l’économie. Donc, pour concilier les deux, il apparaît évident que les entreprises doivent retrouver leur rôle sociétal. La société civile doit pouvoir les accompagner en la matière et les aider à trouver des modes d’exploitation moins polluants. Les entreprises polluantes pourraient commencer par verdir les terrains encore vacants de l’AFI et y planter des arbres qui absorberont une partie du monoxyde de carbone et du dioxyde de carbone émis par les usines.

On peut également imaginer le développement d’usines plus propres pour la fabrication de produits agroalimentaires. Ce devrait d’ailleurs être bientôt le cas avec une usine de transformation du crabe bleu qui a envahi le golfe de Gabès.

Il faut aussi miser sur d’autres secteurs, en particulier le tourisme. Je me rappelle que dans ma jeunesse, dans les années 60, la région était un petit paradis, avec son oasis encore intacte. On nageait littéralement au milieu des poissons. Il était aussi courant de voir des Européens qui, faute d’infrastructures d’accueil, venaient en caravanes pour profiter de ce cadre agréable. La construction d’un grand hôtel avait même démarré à l’époque, mais il n’a jamais ouvert ses portes.

Pour redonner à notre plage un peu de son attrait passé, nous avons créé, en collaboration avec l’Agence de protection et d’aménagement du littoral (APAL), une promenade de 3000 m² mettant en valeur des sources d’eau douce. Il y aussi un espace de jeu, un théâtre en pierre et un restaurant en construction légère sur la plage. Cela doit permettre aux habitants de se réapproprier l’espace et d’être plus sensibles à la préservation de leur environnement.

Quelles mesures concrètes avez-vous prises ou planifiées pour améliorer la situation environnementale de Ghannouch ?

Nous avons d’abord mis en place, au sein du conseil municipal, une commission en charge de l’agriculture, de la pêche et du tourisme. Nous avons sciemment lié ces trois thématiques, parce qu’elles nous paraissent indissociables dans notre région.

Ensuite, il y a ce qui relève du ressort de la municipalité, comme la gestion des déchets. En la matière, nous faisons un effort particulier pour l’enlèvement des déchets ménagers et surtout des déchets de construction, qui sont souvent déversés dans l’oasis. Nous avons mis en place une coordination avec des municipalités voisines pour éventuellement investir en commun dans du matériel pour le ramassage des déchets ou peut-être lancer ensemble un partenariat public-privé (PPP). En attendant, nous comptons porter nos efforts sur la sensibilisation et sur le tri sélectif.

Dans l’ensemble, la tâche s’annonce immense. En particulier, en ce qui concerne les constructions anarchiques qui rongent l’oasis. Il faut maintenant sauver ce qui peut l’être et appuyer les associations qui se mobilisent en matière de sensibilisation. Elles sont un levier important, comme elles l’ont prouvé avec leurs actions menées dans le cadre du PGE.

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