Mongi Thameur, Gouverneur de Gabès : « We will miss PGE »

PGE: Cela fait maintenant trois ans que le PGE Gabès est en œuvre. Quelles sont les avancées les plus intéressantes de ce projet ?

Mongi Thameur : Sur le terrain, le PGE commence à se concrétiser : les travaux de l’Oued Kriaa, les mini-projets portés par les associations locales, etc. Mai, le plus important est qu’il est un catalyseur de la prise de conscience des problèmes liés à l’environnement à Gabès. En créant un espace de concertation, il a permis d’alimenter la réflexion et les orientations de la société civile et de l’administration. Un véritable de cercle de qualité environnementale s’est mis en place. Le PGE participe à changer les mentalités et à introduire la bonne gouvernance environnementale. C’est ce qui fera que les réalisations concrètes vont s’accélérer, même si elles paraissent modestes aujourd’hui.

Nous avons par ailleurs adressé une demande d’appui à l’acceptabilité sociétale pour le projet de création d’une nouvelle ville industrielle répondant aux normes environnementales internationales[1].

PGE : Le PGE Gabès rassemble des partenaires aux profils très différents. Comment se passe la cohabitation au sein du projet ?

M.G : Ce mariage entre les organisations de la société civile et l’administration apporte une valeur ajoutée appréciable et enrichit nos échanges, grâce à la bonne volonté de toutes les parties.

Je considère la Chambre de concertation locale (CCL : voir Newsletter N°1) et le Comité de pilotage du PGE comme des think-tanks. Que les idées, propositions et avis viennent de l’administration ou de la société civile, nous en sommes preneurs. Tous apprécient ces cadres de discussions, et je dois dire we will miss PGE (« le PGE va nous manquer »). Il nous faudrait un PGE 2 ou un projet pour lui succéder. Nous sommes au début d’un changement profond, et il ne faudrait pas s’arrêter en si bon chemin.

PGE :De quelle manière, à travers le gouvernorat, les moyens de l’État participent-ils à la mise en œuvre des projets ?

M.G : Lorsque les projets sont lancés, nous intervenons pour les soutenir et augmenter leurs effets. Concernant l’Oued Kriaa par exemple, un travail intéressant a été mené dans le cadre du PGE, mais il ne concerne qu’une partie des deux rives de l’oued. Avec les moyens de la direction régionale de l’équipement et du Commissariat Régional au Développement Agricole (CDRA), nous avons engagé des moyens lourds pour le dragage du cours d’eau.

PGE : Quelles sont aujourd’hui les pistes de travail pour favoriser à la fois l’amélioration de l’environnement de Gabès et son développement économique ?

M.G : Gabès est aujourd’hui en phase de transition environnementale, avec en particulier le projet de création d’une nouvelle ville industrielle à Menzel Lahbib dans les huit prochaines années. Il s’agit d’abord de mener les études techniques et environnementales, d’établir un cahier des charges et de procéder à la passation de marchés. Puis, nous transférerons progressivement les unités de production pour les éloigner des populations, de la mer et de l’agriculture.

L’objectif est de mettre fin au déversement quotidien de 14 000 tonnes de phosphogyspe en mer, soit 5 millions de tonnes par an ! La nouvelle ville industrielle sera établie selon des standards environnementaux, tandis que de nouvelles activités économiques respectueuses de l’environnement seront créées à la place de l’actuelle zone industrielle. Cela implique notamment la dépollution et l’aménagement de Chatt Essalem, qui a été jadis un site de baignade prisé des Gabésiens.

[1] Une demande d’assistance technique sur l’acceptabilité sociétale du projet de délocalisation des industries chimiques de Gabès a été adressée au bailleur européen.

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